Localisation et panorama
Le volcan Tungurahua est un stratovolcan andésitique majeur situé dans les Andes centrales de l’Équateur, dans la province de Tungurahua, à environ 140 km au sud de Quito, la capitale du pays. Il domine la vallée andine et se dresse en bordure du Parc national Sangay, Une vaste zone protégée riche en biodiversité. La ville thermale de Baños de Agua Santa, célèbre pour ses eaux chaudes, ses cascades et son tourisme d’aventure, se trouve à environ 8 km au nord du cône volcanique.
Le Tungurahua culmine à une altitude d’environ 5 023 m au-dessus du niveau de la mer, formant un cône abrupt aux pentes raides qui s’élèvent sur plus de 3 000 m au-dessus des plaines environnantes. Au sommet, le cratère est ouvert principalement vers le nord-ouest, conditionnant l’orientation des coulées pyroclastiques et des panaches lors des éruptions. Jusqu’à la fin du XXᵉ siècle, il comportait une petite couverture glaciaire sommitale, mais celle-ci a disparu à la suite de la forte activité volcanique qui a commencé en 1999.
Le Tungurahua est un stratovolcan composite andésitique à dacitique formé par la superposition de coulées de lave, de dépôts pyroclastiques, de cendres et d’éjecta issus d’éruptions explosives successives. L’édifice actuel, connu sous le nom de Tungurahua III, s’est construit à l’intérieur de la caldera laissée par l’effondrement d’un édifice antérieur il y a environ 3 000 ans, après des phases de construction et de destruction répétées au cours du Pléistocène et de l’Holocène.
Les éruptions historiques de Tungurahua sont généralement stromboliennes à vulcaniennes, produisant de fortes explosions, des panaches de cendres atteignant plusieurs kilomètres de hauteur, des flux pyroclastiques, des lahars (coulées boueuses) ainsi que, parfois, des coulées de lave sur les pentes inférieures. L’activité explosive peut provoquer des retombées de cendres sur des zones habitées et des perturbations atmosphériques locales, et les flux pyroclastiques peuvent descendre rapidement le long des vallées en direction des villages et de la ville de Baños.
Caractéristiques géologiques
Le Tungurahua est un stratovolcan andésitique situé dans la zone de subduction de la Plaque Nazca sous la Plaque Sud-américaine, au sein de la Zone volcanique Nord des Andes. Cette dynamique tectonique génère un volcanisme explosif caractérisé par des magmas riches en gaz, responsables d’éruptions violentes et fréquentes.
L’édifice actuel repose sur une base plus ancienne et a été profondément remodelé par des effondrements partiels et des phases éruptives répétées. Le sommet est occupé par un cratère actif dont la morphologie évolue constamment au gré des explosions et des phases de croissance de dôme.
Le volcan est particulièrement connu pour ses coulées pyroclastiques, ses retombées de cendres et la production de lahars lors des fortes pluies, qui empruntent les vallées encaissées descendant vers Baños et les zones agricoles environnantes. Sa proximité avec des zones habitées en fait l’un des volcans les plus surveillés d’Amérique du Sud.
Chronologie de l’activité volcanique
Il y a environ 500 000 ans, les premiers édifices volcaniques se mettent en place dans la région sous l’influence de la subduction de la Plaque Nazca.
Il y a environ 12 000 ans, l’édifice moderne du Tungurahua commence à se construire progressivement à la suite de plusieurs cycles d’activité explosive.
XVe siècle, des traditions orales indigènes évoquent déjà un volcan actif et régulièrement en éruption.
1640, une éruption importante est rapportée par les chroniqueurs espagnols, marquant une phase explosive significative.
1773, une activité éruptive majeure affecte la région, avec des retombées de cendres sur de vastes zones agricoles.
1886, une éruption explosive produit des explosions visibles depuis les hauts plateaux environnants.
1916 – 1925, une phase d’activité intermittente est observée, marquée par des explosions de faible à modérée intensité.
1999, le Tungurahua entre dans une nouvelle phase éruptive majeure après près de 80 ans de repos relatif, avec des explosions, des émissions de cendres et des évacuations préventives.
2000 – 2006, plusieurs épisodes éruptifs puissants se succèdent, alternant explosions stromboliennes, coulées pyroclastiques et colonnes de cendres atteignant parfois plusieurs kilomètres d’altitude.
2008 – 2013, l’activité reste soutenue avec des phases d’intensification ponctuelles et des épisodes explosifs affectant régulièrement les zones proches de Baños.
2014 – 2016, une diminution progressive de l’activité est observée, marquant la fin d’une longue période éruptive.
2017 – 2025, le volcan entre dans une phase de repos relatif actif, caractérisée par une activité sismique modérée et des émissions fumerolliennes persistantes sans reprise éruptive majeure.
Expérience et conditions d’ascension ou d’observation (Niveau "Soutenu")
L’ascension du Tungurahua est une course d’alpinisme exigeante, réservée à des pratiquants expérimentés en raison de l’altitude, des conditions météorologiques instables et de la nature technique de certains passages. L’itinéraire classique débute généralement depuis les refuges situés sur les hauteurs de Baños, avant de progresser sur des pentes volcaniques raides et des terrains instables.
La montée finale s’effectue sur des pentes de cendres et de roches volcaniques, où l’usage de crampons et de piolet peut être nécessaire selon les conditions. L’altitude élevée, combinée à l’exposition au vent et aux changements rapides de météo, rend l’ascension particulièrement éprouvante.
Depuis les zones d’observation situées autour de Baños de Agua Santa, le Tungurahua offre un spectacle saisissant, notamment lors des phases d’activité : panaches de cendres, grondements volcaniques et lueurs nocturnes visibles depuis la ville. Ces phénomènes ont marqué durablement l’identité de la région, où la vie quotidienne s’est longtemps adaptée au rythme du volcan.
Pour les visiteurs, la région propose également de nombreux points de vue accessibles permettant d’observer le volcan sans engagement alpin, notamment depuis les miradors naturels de la vallée du rio Pastaza, offrant l’un des panoramas volcaniques les plus impressionnants des Andes équatoriennes.